Le Vieux Sainte-Rose

 

Il y a quelques années j’étais un jeune urbain qui croyait que la civilisation se terminait au fleuve et à la rivière des Prairies. Du même coup, je reniais une partie de mon enfance et adolescence vécue à Saint-Vincent-de-Paul. Je croyais que Laval n’était que centres d’achats et horreurs en aménagement urbain comme le boulevard des Laurentides.

 

J'ai eu la chance de me réconcilier avec mon île Jésus. En février 2009, je participais à l’évènement « Sainte-Rose en Blanc » au cœur du vieux Sainte-Rose. Il s’agit d’une fête des neiges ou s’entremêleront culture, patrimoine et plein air. J'animais une visite patrimoniale en carriole du vieux Sainte-Rose.

 

Dans ma préparation, j’ai lu sur l’histoire de Laval et du quartier Sainte-Rose. Laval possède un patrimoine et une histoire digne de mention. Le boulevard Sainte-Rose en est un bel exemple, c’est de tout de beauté. Lors des prochaines lignes, je me propose de vous faire connaître ce lieu.

 

 

 

 

L’église actuelle de Sainte-Rose date 1856. Il faut se rappeler qu’il s’agit de la troisième. La paroisse de Sainte-Rose naît en 1740. Ce n’est qu’en 1745 que Sainte-Rose peut compter sur un prêtre permanent. En 1746, on construit la première église de Sainte-Rose.

 

Effet de la conquête britannique, on ne peut plus recruter de prêtres en France. On réduit le nombre de paroisses et on agrandit l’étendue de celles-ci. On rattache la partie bas Sainte-Rose (partie est) à Saint-François et déménage plus à l’ouest le haut Sainte-Rose. En 1768, les habitants de Sainte-Rose refusent cette décision de Mgr Briand de Québec qui riposte en refusant les sacrements aux habitants de Sainte-Rose. En 1788, le plan de Mgr Briand se concrétise. Les travaux d’une nouvelle église débutent au lieu prévu, plus à l’ouest. Dès 1835, on songe à en construire une nouvelle en raison de l’accroissement constant de la population. En 1857, on démolit l’église.

 

Situé sur le chemin des Patriotes, on retrouve l’ancienne auberge Tassé qui remonte environ à 1825. En mai 1837, un comité de surveillance est mis sur pied à Sainte-Rose. Affilié au mouvement patriote, ce comité se réunissait à cette auberge. Au début décembre, Sainte-Rose est entre deux armées. Les troupes britanniques de Colborne sont au sud à Saint-Martin tandis que les patriotes sont à Saint-Eustache. Pour empêcher l’avance des troupes britanniques, les patriotes tenteront d’incendier le pont Porteous situé au nord du chemin des Patriotes mais en vain.

 

 

    

 

 

Le curé de Sainte-Rose, François-Magloire Turcotte allait d’un camp à l’autre prétextant vouloir éviter l’affrontement. Colborne le prit pour un espion. Turcotte se rend sur les lieux du combat pour porter secours de la religion aux victimes. Il s’enfuit au États-Unis et revint en 1838 et écopera de quatre mois de prison.

 

En 1876, l’inauguration du petit train du nord qui passe par Sainte-Rose. Le pont ferroviaire qui enjambe la rivière des Prairies dans le secteur de Bordeaux se rendra jusqu’à Saint-Jérôme en passant par Sainte-Rose. Les Montréalais en quête d’espaces verts arriveront en grand nombre. Certains locaux loueront une partie de leur demeure à des vacanciers. D’autres se feront bâtir des résidences d’été. Plusieurs hôtels naîtront et tireront profits de cette nouvelle manne. Puis plusieurs clubs de canotages pousseront et prendront d’assaut la rivière des Mille-Îles.

 

 

           

 

 

Au début du 20e siècle, la population de Sainte-Rose fait plus que doublé lorsqu’arrive l’été! Ce qui explique l’imposant bureau de poste bâtit vers 1930 sur le boulevard Sainte-Rose.

 

 

 

Dans le souci d’offrir des services à une population toujours grandissante, une caserne de pompier est érigée en 1930. Ce bâtiment est attaché à l’ancienne école du village qui était devenue à l’époque une centrale de téléphone et la mairie. À cette époque au Québec, il est très commun dans trouver au même endroit, la mairie, le poste de police, la caserne de pompier, etc.

 

 

 

 

 

Située en face de l’église de Sainte-Rose, l’ancienne école du village qui date d'environ 1831 est des plus charmantes constructions et des mieux restaurées du boulevard Sainte-Rose. Maintenant l’édifice possède une vocation culturelle.

    

 

 

En 1965, les 14 municipalités de l’île Jésus se fusionnent pour devenir ville de Laval.

 

 

 

 

Bibliographie :

 

Marcel Paquette; « Histoire de l’île Jésus; de 1636 à la ville de Laval ».

 

Gaston Chapleau et al. ; « Paroisses et villages anciens de Ville de Laval ».

 

Service de la vie communautaire, de la culture et des communications de la Ville de Laval; « Histoire à raconter, Itinéraires histoire et patrimoine : Le Vieux Sainte-Rose » (brochure).

 

Jean-Noël Lavoie; « La saga de Laval ».