Il était une fois Saint-Michel

 

 

Cette année le quartier Saint-Michel célèbre son centenaire. Plusieurs, évènements auront lieu pour souligner son histoire. Pour en savoir plus sur ces festivités : 100anssaintmichel.org

 

Alors, je vais consacrer les prochaines lignes à l’histoire de ce quartier.

 

En 1699, on ouvrit une nouvelle côte pour y installer des colons : la côte Saint-Michel  correspond à l’actuelle rue Jarry. Puis en 1707, la montée Saint-Michel est ouverte, ce qui correspond au boulevard Saint-Michel. Au carrefour de ces deux chemins s’installent quelques colons. La côte Saint-Michel ne sera jamais plus qu’un petit hameau. Il s’agit plus d’un lieu de passage entre les deux rives de l’île de Montréal. Néanmoins, on y exploite déjà modestement  l’extraction de pierres. Mis à part la rue Jarry et le boulevard Saint-Michel, il ne subsiste rien de l’époque de la Nouvelle-France. Cependant, on retrouve au 5555 rue Jarry Est la maison Pierre Dagenais construite vers 1785 dans le secteur de Saint-Léonard.

 

Jusqu’au début du 20e siècle, Saint-Michel demeure un territoire agricole. À chaque jour, des agriculteurs partaient avant le levé du soleil avec leur charrette remplie vers Montréal par la montée Saint-Michel pour y vendre leur récolte. Le chemin pour se rendre dans l’actuel Vieux-Montréal où il y avait le marché était la montée Saint-Michel jusqu’à la cote de la Visitation (boulevard Rosemont) puis jusqu’au chemin Papineau et vers le sud !

 

 

 

 

À l’époque de la Nouvelle-France, les maisons étaient construites principalement en bois. Mais à l’arrivée du 19e siècle, la pierre est de plus en plus employée. Puis vers le milieu du 19e siècle, Montréal commence à ressentir les effets de la révolution industrielle et s’urbanise. Plusieurs chantiers de construction exigent beaucoup de pierre et Saint-Michel en bénéficiera grandement. On trouve de l’emploi dans les carrières et le hameau grandit puis devient village avec ses écoles, son magasin général, son bureau de poste, etc. Les carrières de Saint-Michel situées au nord de Jarry entre Papineau et Pie-IX seront le centre minier de Montréal. Il était coutumier de voir des charrettes se rendre en ville, mais cette fois-ci, elles étaient remplies de pierre, gravier, sable, chaux, etc.

 

Au début du 20e siècle, Saint-Michel qui compte une soixantaine de familles obtient du diocèse de Montréal l’érection d’une paroisse : Saint-Bernardin-de-Sienne est créée le 22 décembre 1911. La paroisse utilise au départ une petite école comme lieu de culte. La fabrique achète la salle paroissiale de Villeray pour en faire son église. On déménagera la salle dans la paroisse en une seule pièce : le 15 avril 1912, à l’aide de chaînes, cabestans et chevaux, la future église sera roulée sur des billots bois à travers les champs ! L’église Saint-Bernardin construite en 1956 remplacera au même endroit la première église.

 

 

 

 

On fonde le village de Saint-Michel-de-Laval en 1912 puis obtient le statut de ville en 1915 : ville Saint-Michel. Paradoxalement, plusieurs petits villages et petites villes sont annexés à Montréal puisque trop endettés en raison des travaux de voiries (aqueducs et égouts) ou  soit incapables de se les payer. Zéphirin Pesant sera le premier maire du village et de la ville de 1912 à 1926.

 

Les débuts ne sont pas faciles… Le service des incendies est désuet, les pompiers doivent emprunter les chevaux aux cultivateurs pour aller éteindre les feux !

 

En 1912, la Cité de Maisonneuve entreprend les démarches pour établir une route interurbaine menant du fleuve jusqu’à la rivière des Prairies. Les travaux débutent en 1915. Le futur boulevard Pie IX est ouvert à partir de Rosemont jusqu’à la rivière des Prairies. Ceci ne fera qu’accélérer l’urbanisation du secteur. La vocation agricole de la région s’efface peu à peu. Des spéculateurs fonciers achètent ces terres agricoles qui étaient de très grandes propriétés. Une fois achetées par les spéculateurs, les terres étaient subdivisées pour être revendues individuellement à des citadins.

Après la guerre, Montréal fait face à une crise du logement. La rareté des logements était due au rationnement des matériaux de construction lors de la guerre. Le « baby-boom » qui suit la guerre aggrave la situation. Des logements pour les anciens combattants sont construits. Puis, une grande vague de constructions s’opère : duplex et maisons à logements et unifamiliales apparaissent. À un rythme aussi effréné apparaissent trottoirs, rues, égouts et aqueducs dans ses nouveaux développements.

 

 

 

 

 

 

Le tramway désert Saint-Michel à partir de 1925, il partait de l’angle Bélanger/Iberville et roulait sur Bélanger jusqu’à Saint-Michel où il empruntait cette voie jusqu’à Jarry. Il en coûtait 3 sous. Le tramway est remplacé par un autobus en 1939.

 

Bibliographie :

« La petite histoire de Saint-Michel de la campagne à la ville 1699-1968 » ; bibliothèque de Saint-Michel, Julie Fontaine et Suzanne Thibault ; 2008.

 

Disponible en ligne :
http://ville.montreal.qc.ca/pls/portal/docs/PAGE/ARR_VILL_FR/MEDIA/DOCUMENTS/La_petite_histoire_de_Saint_Michel.pdf

 

Photos :

Centre d’histoire de Montréal

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